Déménagement !

Publié le 19 Novembre 2010

 

Le biru blog déménage,

vous retrouverez les humeurs d'Eltrum,

ses histoires du gabian Karaak et ses hilarantes observations félinesques  sur

 

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Et comme il me l'a demandé, en écho à son très bel article "vol de nuit", je vous remets un petit coup d'une vieille histoire, que vous connaissez déjà pour l'avoir lue sur feu mon blog orange

 


 

 

La naissance de Marseille

 

 

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Photo R.Figuères coucher de soleil sur la Pointe Rouge un soir de vent

 

 La plupart des villes sont filles du commerce ou de la guerre. Rassemblement des hommes au confluent de deux rivières, dans une vallée fertile, sur un chemin d'échange ou un point stratégique, comptoir ou bastion.

La légende raconte que Marseille est fille de l'amour.

Laissez-moi rêver un peu et vous raconter cette histoire en oubliant la vérité historique. La légende est si belle.

 

Imaginez ce peuple des premiers âges.

 

Ils se sont installés dans la plus belle rade du monde, ils vivent de la pêche, d'un peu de culture, de beaucoup de farniente, un art local. C'est un peuple doux qui ne connait pas la guerre. A leur tête un chef au cœur tendre, le roi Nann.

Voyez à ses cotés Gyptis sa fille si belle, en âge de trouver un compagnon.

Ils sont en train de préparer le banquet de cérémonie. Le clan entier sera là, et surtout les plus beaux garçons du coin. Gyptis devra choisir l'homme qui partagera sa vie. Elle n'aura qu'à le désigner en lui offrant une coupe d'eau pure qu'il pourra refuser.

 

A fond de la mer, griffant le bord de l'horizon, des voiles inconnues apparaissent. Des trières chargées d'hommes venus de loin. Leur Chef se nomme Protis, il est grec.

L'histoire pourrait prendre un tour aussi classique que tragique : agression, combat, prise de possession des lieux.

 

Mais Nann est un sage.  "Rangez ces arcs et ces javelots pointus. Venez plutôt prendre l'apéro avec nous ! C'est jour de fête ! "

 

Sur la table du banquet, des flacons de liqueur anisée, des limaçons dans un court bouillon de fenouil, au grill du feu des dorades et des loups,  sur les braises un chaudron de légumes parfumés de basilic, les terrines de fromage de chèvre voisinent des bols d'olives noires et brillantes, piquetées d'éclat d'ail.

Le vent chaud charrie les parfums de l'été, thym, romarin froissés dans les fougasses.  A l'ombre des chênes liège, Nann et les siens chantent la douceur de leur terre, la beauté de leurs femmes et le soleil au-dessus.

 

Un peu qu'il va y aller Protis ! Dix jours de navigation au biscuit de mer... ca creuse son matelot ! Le voilà qui ramène sa troupe, Protis aux cheveux bouclés décolorés par le sel, presque blonds,  à la musculature entièrement forgée à la rame, le torse large,  la jambe galbée dans sa crépide, le shilon voletant au rythme de ses pas dévoilant la fesse bombée !

 

Les Saliens serrent les rangs, laissant la place aux étrangers qui rejoignent le cercle. On parle de la mer avec les mains, langage universel, on rit , on mange, on boit, on partage les expériences et les savoirs, on se regarde, on s'apprivoise, on se séduit, on rote aussi un peu ! c'est la vie !

 

 

Enfin Gyptis rejoint la tablée, elle porte au cou un collier de pierre rouge, à ses bras tintinnabulent les bracelets en corne de chèvre, ses cheveux noirs libérés sur ses épaules brillent d'huile parfumée, ses dents qu'elle frotte de racine d'iris sont des perles. de longues boucles de corail peau d'ange ornent ses oreilles.

La princesse n'a rien de farouche, elle a l'assurance des femmes qui se savent belles.

Le silence se fait, pas assez selon le goût de Gyptis qui fait taire les cigales d'un coup de paume léger sur les troncs.

 

 

Ses sœurs et ses cousines portent en sacrement la coupe  pleine de l'eau puisée à la fontaine d'ivoire.

Du regard, Gyptis soupèse l'âme des hommes.

Elle s'attarde un peu sur ce jeune chasseur avec lequel elle a déjà partagé quelques nuits, s'approche, lui caresse la joue d'un geste tendre.

Mais c'est à Protis qu'elle finit par tendre sa coupe, Reine déjà, elle a compris ce  que le bel étranger apporterait à son peuple. Le sacrifice consenti est léger, le Grec est beau.

Alors qu'on lui explique le sens du rite, avec les mouvement de hanche universels mimant le coït, Protis, le souffle court, les yeux éblouis, encouragé par les Eurekas rythmés par ses hommes,  vide la coupe , l'eau coule aux commissures de ses lèvres.

 

Le lendemain au matin, à la porte du Mas des Saliens, Nann offrira au couple magnifique l'anse du port et la colline sacrée en cadeau de mariage.

Dans la nuit chaude et mouvementée, langoureusement,Gyptis et Protis venaient de concevoir Marseille.

 

Historiens intégristes de tout poils, me cassez pas les ovaires, si ca ne s'est pas passé comme ça, c'est comme ça que ca aurait du se passer !

 

 

 

Rédigé par Fomahault

Publié dans #Recyclage !

Commenter cet article

ballendar 20/11/2010 22:13



un peu jaloux, en plus du soleil, de la mer, des calanques, Marseille serait la fille de l'amour - oui, mais che ché que le soleil éclaire mon toit !



Axel21 20/11/2010 18:52



On s'y croirait. Remarque que si, par hasard, Gyptis m'avait choisi... après tout j'habitais pas loin, ça aurait craint pour Marseille... (chui lucide).



tanya 20/11/2010 12:55



C'est une très belle histoire avec de la poé sie et de l'humour comme tu sais si bien les raconter et je pense que certaines villes (car il y en a d'autres aussi qui sont belles) ont dû naître
d'amours aussi.  



Fomahault 20/11/2010 13:07



j'avoue que je ne me suis pas penchée sur les légendes qui entourent la création des autres villes, à part celle de Rome, qui est aussi quelque part une histoire d'amour, mais qui finit mal.



BMB 20/11/2010 12:42



toujour aussi belle cette histoire et peut être pas si romancée que çà....



zeitnot 19/11/2010 18:02



Avec de tels parents et une telle chroniqueuse, comment s'étonner que la ville soit belle et que ses habitants l'aiment tant ?